Transcript du
webinaire N°20
attention ;
l'IA a mis au propre un transcript
brut de youtube ; mais elle est restée imprécise sur les noms des personnes et
fait des erreurs dans les attributions de prise de parole, inverse les
personnes etc..
Voilà, donc nous entamons cette
session avec pour matériel clinique, c'est matériel d'observation, une
conférence, enfin un débat, une discussion avec modérateurs, une
discussion entre Jacques-Alain Miller et Michel Onfray d'il y a 4 ans, 3-4
ans, au sujet de à l'époque on ferait parler de Freud.
Et Miller, c'est-à-dire le
gendre de Lacan, pas le, pas son frère qui était à la télévision,
mais donc lui qui est à la direction de, qui est le successeur si on peut
dire de, ou qui est l'héritier comme il dit de Lacan et de son école,
donc débattent. Et on a, on peut prendre, enfin j'indique dans les
descriptifs de la vidéo, donc on peut prendre connaissance de cette conférence
qui présente qui est bien sûr des aspects en tout cas objectivement intéressants
parce que c'est du matériel clinique d'une discussion entre deux
personnes au sujet de Freud.
Et comme il s'agit d'une
discussion de gens très médiatiques, surtout Onfray, mais Miller aussi
qui est très parisien, c'était l'héritier donc dans le lacanisme et
dans le parisianisme, l'héritier de l'école et le curateur de Lacan et
cetera, donc ces gens très médiatiques, c'est une très belle, enfin
c'est une opportunité d'emblée a priori, mais évidemment d'étude du
narcissisme, soit du narcissisme des deux personnes, et puis du fait que
leur narcissisme est mis en sur le grill si on peut dire, donc doublement
dans cet opérateur narcissique qui est la télévision ou les YouTube ou
comme ça.
On a donc ce thème d'étude,
c'est cet objet qui nous permet de traiter ce thème qui nous importe
puisque au fil de nos de l'analyse de la psychologie collective selon
Freud, on a abouti au fait que le narcissisme était un élément majeur
de la psychologie collective, ou en tout cas du facteur hypnotique ou du rôle
et du fonctionnement de l'hypnose dans la psychologie collective.
Donc alors d'ailleurs je le précise
avant qu'on parle plus généralement, mais c'est dans un article en 1914
qui s'appelle "Pour introduire le narcissisme", c'est la première
fois que Freud en parle officiellement, enfin ou spécifiquement. C'est en
quelque sorte pour répondre et pour régler, pour expliquer la friction
qu'il est en train d'opérer à ce moment-là avec Jung, et dans cet
article où il introduit le narcissisme pour s'expliquer, expliquer cette
différence avec le jungisme, c'est là où il introduit la notion d'idéal
du moi. Et on voit qu'elle est dans, qu'il est ensuite dans le schéma de
la foule, elle est cette notion donc cet opératoire de la psychologie
collective et de l'hypnose collective.
Voilà. Est-ce qu'on a des, entre
nous là tous les quatre, des choses à mentionner parce qu'on les a, les
uns et les autres, avant regardé cet enregistrement avec plus ou moins
d'assiduité ?
Serge : Oui, moi
j'ai le, justement à propos de narcissisme, la, comment dire, j'ai
presque envie de dire la pathologie de l'ego de Jacques-Alain Miller m'a,
ma patience m'a pas autorisé à aller jusqu'au bout. À son premier pétage
de plombs nerveux, j'ai coupé, j'ai pas tenu.
William : Oui,
ben bien sûr, il est très critiqué. J'ai, il est sans doute très
critique, enfin comme tout le monde, je connais un petit peu ce qui s'est
passé, comme beaucoup des analystes le savent, ce qui s'est passé dans
la propre analyse de Miller qui s'est déroulée, qui était
catastrophique et qui a eu lieu avec donc l'analyste que je connais bien
puisque c'est lui qui m'a fait mon analyse lacanienne, donc avec Charles
Melman.
Et l'explosion entre ces deux
proches de Lacan a été telle que Melman a été presque obligé
d'expliquer pourquoi leur tentative d'analyser Miller avait explosé. Et
donc en expliquant ça, il trahissait en fait le secret qui, enfin ça a
été une espèce donc de période terrible à laquelle d'ailleurs, bon,
moi j'avais terminé mon analyse à ce moment-là mais j'étais revoir
Melman d'ailleurs à l'époque. Bon, enfin je vous dis pas l'ambiance, que
donc c'est pour dire que ce sont des, il y a dans les coulisses de ces
mondes évidemment des débats très cruels.
Alors ce qu'on va, ce qu'il me
semble ce que l'on peut faire en utilisant la vidéo qui s'appelle, je
crois le titre c'est "Pour en finir avec Freud", puisque enfin
donc c'est le débat : est-ce qu'on en finira un jour avec Freud ?
Pour présenter cette analyse
qu'on va faire de, enfin je propose mes idées que je propose de, en
analysant cet enregistrement, j'ai préparé des petites, des petits
partages d'écran, enfin des petits écrans. Alors j'appelle ça,
j'appelle ça la clinique du vernis.
Sans doute, donc est-ce que là
vous le voyez, la clinique du vernis ?
Intervenant :
Oui.
William : Sans
doute parce qu'on peut dire que certains diront : ah Miller, il est verni,
gendre de Lacan, il a la fille de Lacan, il a la monnaie de Lacan, il a
les confidences, enfin il a tout du maître. Et quant à Onfray, il est
aussi verni par les dons dont la nature l'a gratifié, des dons d'écrivain
et d'une puissance de travail qui fait toute sa, pas qu'elle le caractérise.
Donc je pense que cette vidéo,
on peut l'analyser, je propose qu'on l'analyse en deux étapes. On va
d'abord présenter le freudisme ou bien son accusation, enfin on va faire,
puisque c'est un, c'est une, en fait cette vidéo correspond à une espèce
de plaidoirie avec les deux, l'accusation et la défense de Freud. Et donc
on fait entrer le freudisme si on peut dire sur la scène, et puis on va
arriver à ce que l'on va montrer, parce que du fait de ce jeu narcissique
qui aliène nécessairement, forcément par la structure des choses, qui
aliène les personnages dans cette discussion.
J'ai employé le mot, d'habitude
on dit inversion accusatoire, et j'ai un petit peu modifié la chose en
disant inversion accusatrice, c'est-à-dire qu'on va voir qu'il y a en
effet une espèce de croisement des choses, c'est-à-dire que dans ce jeu
narcissique, on va pouvoir observer ce qui se passe dans les jeux
d'inversion et d'introjection et de projections qui sont classiques dans
cette affaire.
Alors ça c'est le premier
chapitre, va faire comme ça, et quand je dis "au total", c'est
qu'en fait on va trouver au total les dessous de l'affaire, et c'est ce
qui est, c'est ce qu'on va trouver.
Bon, de quelle manière est-ce
qu'on va trouver ça ? C'est qu'Onfray, et c'est le philosophe donc qui
est que l'on attend sur ce ring, que l'on attend d'être la défense,
l'accusateur, et il est officiellement l'accusateur du freudisme, et
Miller son défenseur. Et en fait il y a une, on va observer une inversion
parce que c'est Onfray qui prouve, qui dit, qui déclare que Freud est un
scientifique, et Miller lui va dire que Freud est un magicien, alors qu'on
s'attend à ce que ce soit l'inverse.
Donc voilà le départ de la,
enfin le départ, je précise un petit peu les choses. Pourquoi est-ce que
je, sur quoi je me base dans la vidéo pour dire qu'Onfray déclare que
Freud est un scientifique et inversement ? C'est qu'effectivement ça se
passe comme ça, on verra si on l'écoute dans le détail, on voit que,
enfin c'est à la fin, ça se passe à la fin, aux conclusions, chacun va
faire sa conclusion, et Onfray va déballer toutes ses accusations : Freud
c'est un escroc, ou bien c'est un cafarnaüm, ou bien, enfin il va faire
toute une série de choses, c'est une légende.
Et puis à la fin, dans un
dernier bafouillage, comme ça se passe toujours comme ça dans ce qu'on
écoute dans le discours analytique, il va dire : et puis même, en fait
il réduit tout à la biologie et c'est le plasma germinatif qui ramène
tout au plasma germinatif. Et alors là, et puis ça passe à toute
allure, c'est un instant dans son déballage où il va mettre le point
final là-dessus. Et qu'est-ce que ça veut dire ? Ben ça veut dire que
tout se réduit dans le freudisme sur la base de la biologie.
Donc Freud, Onfray pardon, dit
dans son, c'est pas une plaidoirie, c'est une accusation, enfin dans son,
je me souviens plus du terme, le, mais il termine en disant, en donnant l'élément
: c'est un biologiste comme il l'a dit. Et puis effectivement, on le
retrouve après, on fait une enquête et on va, on va pour lire, on va
lire "Pour introduire le narcissisme", ce que c'est le texte
dont on a parlé, et effectivement on voit que pour arriver dans le débat
qu'il décrit avec Jung, pour arriver à quelque chose de sa base,
effectivement il dit : il y a du plasma germinatif dans le corps humain,
dans l'embryon, dans le corps, et que ce plasma est différent de ce qu'on
va appeler le somatique, le plasma somatique, et par conséquent il y a
une tension qui va donner lieu à un narcissisme primaire, à une tension
d'un corps à un autre mais qui est le même, l'un des, le plasma
germinatif qui était, enfin qui dure le temps de l'espèce, et l'autre
qui dure le temps d'une vie.
Et il va effectivement mettre la
tension narcissique, l'énergie, ce qu'il va appeler la pulsion, la
pulsion du moi, ou enfin il tâtonne à ce moment-là, mais c'est
effectivement sur cette base. Donc Onfray a raison de le dire, et en cela
il défend complètement Freud, ce qui donne raison scientifique au
freudisme.
Et si on écoute la plaidoirie de
Miller, on se rend compte que, et c'est la même chose mais après, mais
tout à fait à l'inverse, c'est qu'après leurs débats et leurs petites
colères, leurs choses comme ça, et bien Miller dit que finalement la
psychanalyse c'est de la suggestion, c'est du bavardage, c'est de, et puis
c'est de la magie.
Donc on trouve effectivement dans
les, et puis après ils se saluent, disent bonjour, excusez-moi je vous ai
un peu brusqué, non je vous en prie, bon, et puis ils sont très polis,
puis ça se termine comme ça. Et mais donc il y a réellement, quand on
le prend vraiment, quand on écoute le, on voit cette inversion qui
conclut leur échange.
Alors qu'est-ce qu'on peut dire
de ça ? Je continue sur le partage d'écran, donc pardon...
Serge : Oui, ce
qui me venait en t'écoutant, oui, dans cette dichotomie entre le
germinatif et le soma, oui, à l'évidence la question de la sexualité
s'y trouve logée.
William : Oui,
oui, oui, oui, absolument. Et puis surtout celle qui va complètement
nous, à notre époque maintenant, un siècle après, enfin ou 50 années
après selon les, mais ce, ou 30 années parce que, ou 10 même puisque
c'est récent, c'est cette émission là, mais ce qui nous intéresse
nous, c'est que c'est précisément sur, la sexualité est introduite
comme ça d'emblée avec, sur la question du narcissisme, mais à propos
de cette différenciation cellulaire qui va être encore plus caractérisée
dans l'anatomie, pas de l'embryon mais du corps humain, puisqu'elle va être
éminemment distincte dans sa position soit externe au corps chez le, dans
le corps masculin en étant, en étant passer à travers le canal
inguinal, soit rester à l'intérieur du corps.
Et donc toute la différence
sexuelle anatomique va continuer à établir les raisons d'une différence
sexuelle et du chapitre narcissique de l'amour de soi et de l'amour de
l'autre, enfin tout cet échange narcissique. Donc on le voit dès le départ,
c'est ce à quoi, ce qu'on appelle le sexuage ou la différence, la différence
anatomique sexuelle où on fait remarquer que à quel point c'est, les
gonades, la position des gonades dans l'anatomie humaine est importante.
On voit que dès le départ, dès cette tout à fait origine de cette
question du narcissisme et de la foule et cetera, puisqu'on voit à quel
point c'est important, c'est déjà ça qui est posé.
Oui, donc ensuite... Alors là je
reviens, donc on a vu la conclusion, l'aboutissement, enfin des, mais on
va remonter maintenant voir à partir de quoi ils aboutissent à cette
conclusion.
Quand on fait entrer l'accusé,
ce qui va se passer, l'accusé c'est le narcissisme on va dire, puisque
bon, mais ça sera, mais ce qui va se passer c'est que dès les premières
minutes, enfin le premier tour de ring, enfin entre les deux, donc après
ils vont se disputer et tout, mais le début, la première prise du combat
là a lieu sur ce que j'appelle l'esquisse Abe répudiée.
Pourquoi ? Alors de quoi
s'agit-il ? Il s'agit du premier texte qu'a écrit Freud, il en a écrit
sans doute d'autres avant, mais du premier qui précède si on peut dire
la psychanalyse, parce qu'effectivement ce texte là, l'esquisse, va être,
elle va pas être achevée, c'est un travail qui ne va pas être achevé,
et puis il l'arrête et puis il commence la psychanalyse, et il ne parlera
plus jamais, et comme les deux orateurs le précisent très bien, il
renie, désavoue et rejette ce texte en disant : ben finalement j'étais
complètement bourré de cocaïne et ça, ça n'est pas, le texte n'était
pas raisonnable.
Alors bon, le titre, le titre précis
du texte c'était "Esquisse pour une psychologie collective"...
D'ailleurs non, non, non, non, non, pour une psychologie scientifique.
Ah scientifique, une psychologie
scientifique. C'est un texte, alors bon, beaucoup s'y sont tout de même
plongés, s'y sont, je l'ai fait comme beaucoup, c'était extrêmement
confus, mais on y retrouve des choses. J'en ai fait donc, j'en ai fait une
conférence dans des hautes écoles parisiennes pour montrer qu'on y voit
la structure, enfin Freud déjà décrit les neurones miroirs et il fait,
il décrit les premiers circuits synaptiques, parce qu'à l'époque on découvre
les synapses et il a l'ambition de faire des, d'être, de faire un papier
célèbre, donc il fait un des premiers traités au monde sur les
synapses, sur les circuits synaptiques.
Et en fait il fait effectivement,
il, ce texte réalise dans l'histoire le premier texte concernant ce qu'on
appelle aujourd'hui des réseaux neuronaux. C'est exactement ça, c'est
vraiment le début, l'embryon de ce qui va être ensuite les réseaux
neuronaux. Il le fait sous l'effet de la cocaïne effectivement, parce que
comme le dira Onfray, il précise qu'il a été 12 ans cocaïnomane. Après,
ils l'ont pas dit, mais après il était morphinomane puisqu'il avait un
cancer qui est passé à la morphine et qu'il en est, il s'est fait tuer
à la fin par une injection, une overdose de morphine. Et puis entre-temps
il a fait tout au tabac aussi, enfin donc c'était tout de même un spécialiste
de la toxicomanie ou de la toxicologie et psychologie.
Et donc on verra que c'est abject
parce que Miller hésite même à demander à ce que ce soit coupé, mais
ça on va en parler tout à l'heure, parce que ce que je veux dire avant,
c'est que pour bien situer l'esquisse pour une psychologie scientifique
comme étant le premier texte de Freud, premier, ou on va dire le texte zéro,
parce que le premier c'est ensuite "La science des rêves" et
puis d'autres et toutes les premiers écrits, mais le, donc ce qui se
passe c'est que, c'est que Lacan fait exactement la même chose.
La même chose se passe avec le
lacanisme de manière, avec un autre style, mais, et on en a la preuve
dans le débat entre Miller et Onfray. Ce qui se passe c'est que Lacan lui
aura débuté sa carrière par un traité, par une esquisse peut-être pas
pour une psychologie scientifique, mais on pourrait l'appeler comme ça :
esquisse pour une psychologie cybernétique, c'est-à-dire que Lacan va
produire, va faire initialiser ou initier sa carrière par un écrit moins
rejeté, moins répudié que Freud rejette son propre écrit.
Ça reste dans les feuillets pris
dans un article qui reste très célèbre qui est le séminaire sur la
lettre volée, et ce séminaire sur la lettre volée qui est à l'affiche
du lacanisme et qui l'est resté, en fait cache un traité de cybernétique.
Et Lacan le répudiera pas, mais il le dira assez vite, il dira : mais
vous savez, j'ai fait des conférences cybernétiques et psychanalyste, ça
angoisse tellement le monde autour de moi que je n'en parlerai plus, et
qui n'en parle pas, et il n'en parlera plus ou pratiquement plus.
C'est-à-dire qu'exactement le même
phénomène ou phénomène très comparable s'est passé entre l'esquisse
freudienne et puis l'esquisse lacanienne.
Alors Jacques-Alain Miller, bah
il sera le témoin moins de ce que je viens de dire, c'est-à-dire qui,
alors qu'il va beaucoup parler de Lacan et il en parlera, il en parlera,
il en parlera puisqu'il parlera que de ça, c'est justement ce qui rend la
chose un peu comique dans cet enregistrement, il parle beaucoup plus de
son beau-père que de Freud, mais il ne citera jamais cette fondation
aujourd'hui gigantesque et extraordinairement importante aujourd'hui.
L'IA commence à manifester voir,
et bien c'était le début de la question, début du lacanisme, et ce séminaire
sur la lettre volée avec ces petites annexes qui sont un traité cybernétique
se termine sur l'idée, l'hypothèse, la suggestion et que les machines
pensent comme Turing théorise à la même époque. Donc c'est quelque
chose de très important qui sera complètement passé sous silence par
Miller.
Alors qu'il a beaucoup à dire
sur Lacan, et s'il veut parler de Lacan et il aurait pu faire cette
comparaison avec Freud, s'il ne parle pas de ce premier écrit, de cet écrit
zéro de son beau-père, et qu'il s'accorde avec Onfray pour dire que cet
écrit, l'esquisse pour une psychologie scientifique de Freud, ne vaut
rien du tout.
Et quand je dis non seulement répudié
par Freud mais abject, c'est-à-dire que c'est là où on entend, comme
tout à l'heure je disais, la petite phrase, la petite chose que l'on, que
l'on est, qui passe comme ça tout à l'heure et qu'on entend comme un
lapsus ou un acte manqué, mais on entend Miller demander si on va
enregistrer ça, parce que là on est en train de parler des années de
cocaïne de Freud et que Miller aimerait bien apparemment qu'on en parle
pas, ce qui est monumental, c'est un monument à la négation de la
psychanalyse de demander à ce qu'on censure quelque chose de l'historique
d'un discours.
Alors ça m'a amené, j'arrête
le partage un petit peu, ça m'a amené à cette idée et vous à faire
remarquer ça, c'est que pourquoi est-ce que c'est tout à fait
remarquable que ces deux penseurs se s'entendent entre eux pour étouffer,
soit ridiculiser ça parce que c'est écrit, c'est un écrit de drogué,
ou bien donc... Pourquoi est-il ça ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Parce que surtout aujourd'hui que
nous avons cette cybernétique, ces appareils, ces choses synthétiques,
ce qui se présente en fait c'est que nous devons nous demander, et la réponse
je pense est assez rapide si on la pose clairement, si on pose la question
clairement, on se demander si ce n'est pas en utilisant des instruments
artificiels comme des télescopes que l'on peut faire de l'astronomie, que
de et que de la chimie que l'on peut faire, de la neurologie que l'on peut
faire, de la psychiatrie que l'on peut faire, de la science de l'esprit
parce qu'on utilise des instruments artificiels.
Et le fait de faire une
psychologie qui n'utiliserait pas de la drogue ou d'autres choses,
d'autres choses synthétiques, peut-être des puces à la, à la même, ou
des choses comme ça, donc des choses complètement effroyables que nous
rejetons complètement, mais est-ce que ce ne sont pas des conditions
premières à faire de la science ? Est-ce qu'on pourrait faire de la
science autrement ou en se passant des instruments d'observation, des
instruments hétérogènes, des instruments qui modifient la perception ?
Et à ce moment-là, nous aurions
dans le fait que la psychanalyse est commencée par la drogue, la découverte,
les chocs de la, les chocs et les traumatismes de la drogue éprouvés par
Freud, dans ce fait là nous aurions une première, une condition nécessaire
à ce que la psychanalyse ensuite soit une science, sinon ce serait une
philosophie effectivement, ça serait...
Alors cette chose-là, en plus de
ça, ne s'applique pas simplement à la science, mais on peut repousser
toute cette réflexion sur la casuistique de la drogue aux religions, au
chamanisme et qui ont aussi la pensée théosophique, théogonique, ou
c'est a pratiquement toujours été associé à des expériences de transe
artificielle par des artifices.
Donc voilà. Alors à ce point,
je pense que l'analyse de cette conférence montre ces deux hommes tous
les deux s'associant pour refouler l'argument que la psychanalyse soit une
science dérivée de la neurologie qui est une science psychiatrique, une
science de la chimie, enfin de notre cerveau physique.
Et puis c'est répété ensuite
à la fin puisqu'il parlera même aussi du germinatif. Alors je signale
qu'il y a trois feuillets en fait dans l'embryologie : il y a le soma, il
y a deuxièmement la substance germinale, et puis il y a aussi un troisième
feuillet, une troisième catégorie de cellules qui se distingue des, qui
fait vraiment trois, c'est-à-dire que du narcissisme dont on parlait avec
deux, le soma, le germinal, en fait il faut compter avec un troisième,
une troisième catégorie cellulaire qui est le système nerveux, ce qu'on
appelle la plaque neurale qui se distingue dans l'embryon du reste du soma
comme la substance germinale s'en est distinguée.
Serge : On n'a
pas, il y a pas de notion de, comment dire, d'apport extérieur chez
Lacan, côté drogue ou...
William : Oui,
je, je me suis, je sais pas, j'ai aucune information, je n'ai jamais
entendu ou de choses, la famille Lacan doit le savoir, mais quelque part,
quelque part, enfin du coup en introduisant la cybernétique, peut-être
qu'il introduirait ce qui quelque part pourrait permettre le décodage des
effets de la drogue.
Serge : Oui,
oui, oui, oui, enfin un petit peu comme toute la démonstration que tu
nous fais justement à partir du langage et cetera qui était quand même
la spécialité de Lacan.
William : Et
oui, tout à fait. Mais aussi il y a, il y a, puisqu'on est dans tout un
exercice justement de ces espèces d'entourloupes et d'inversions, ce
qu'on peut insérer ou présenter ou renverser comme argument, c'est de
dire : bah oui, peut-être, moi j'en sais rien du tout, mais au cas où il
n'y aurait eu aucune influence extérieure, aucune influence exogène dans
les processus de pensée et de méditation de Lacan, et ben c'est peut-être
pour ça que justement il est pas psychanalyste, puisqu'on en viendra au
fait que Lacan est anti-freudien.
Il va essayer au contraire de
mettre fin à l'analyse et avec toute une, nous sommes tous très
complexes, avec toute une bonne intention et un acharnement pour la faire
progresser. En fait il s'en morfondra à la fin de sa vie en disant : mais
j'ai peut-être mis fin à la psychanalyse, tellement il voyait la
population autour de lui pétrifiée et donc sans avancer, et il se disait
: j'ai peut-être mis fin à l'analyse. Et peut-être effectivement en
avait-il le désir.
Alors il y a un moyen pour qui
soutient ce tableau d'un Lacan qui serait qui manifesterait la résistance
évidemment voilée, évidemment cachée sous les apparences du soutien,
c'est la meilleure apparence pour effectuer une résistance, une
opposition, on peut le voir dans une structure, et c'est la structure de
la Renaissance où nous avons, après Copernic comme Lacan disait, et puis
d'autres, lui-même se comparait à Copernic ou à Darwin ou faisait une
troisième révolution après Copernic.
Il y a eu quelqu'un qui ressemble
énormément à Lacan qui s'appelle Tycho Brahe qui ressemble dans sa manière
de se conduire dans les événements de sa vie, dans enfin dans toute une
série de caractères, qui est le second astronome mais en fait qui est
anti-copernicien. S'il s'agit, si Copernic c'est le mouvement de la terre
qui dans l'espace bouge, pour Tycho la terre est immobile.
Alors ça a été, je ne lente
pas, ça a été traité par Koyré, je crois, ce sont des théoriciens
majeurs de l'école de Strasbourg qui ont traité ça, s'appelle le titre
de la lettre, la chose est exposée, je l'ai traité par ailleurs aussi,
il y a beaucoup d'autres éléments que ce qu'on utilise chez Koyré. Mais
donc on est là avec une hypothèse importante dans la structure de
l'histoire de la psychanalyse où le, et ça s'expliquerait, on verrait :
tiens, ben Lacan n'a jamais, est un philosophe en fait, il est, et sa
carrière et beaucoup des traits de son histoire le montrent.
Bon, alors je continue un petit
peu sur, là j'avais arrêté le partage je crois.
Alors voici donc, on le reprend.
Alors donc là on était en bas à conclusion des deux orateurs ou des
deux personnages ou du narcissisme si on peut dire qui se, qui montre ses
inversions, et puis l'objet qui est dans ce que le narcissisme rejette,
c'est précisément donc cette hétérogénéité en soi, puisque le
narcissisme va chercher à se retrouver soi-même si on peut dire, donc
avoir une substance synthétique, avoir un objet ou un instrument
scientifique va être quelque chose de considéré comme abject par le
narcissisme qui va rejeter toute instrumentation donc qui serait exogène
ou hétérogène à son unité qu'il recherche.
Alors ensuite je passe à, oui,
à la place, donc quand je parlais de la clinique du vernis, c'est-à-dire
de ce superficiel étalage narcissico-médiatique et dont la clinique
telle que j'en propose là l'interprétation la présente comme un vernis,
c'est-à-dire un semblant si on peut dire, mais il nous montre, où on en
déduit qu'en fait ce vernis, et bien non seulement la drogue est un
instrument d'observation, est un instrument scientifique, mais on peut même
le pousser jusqu'à finalement ce vernis lui-même est un instrument
d'observation.
Et c'est là où à partir du
moment où le narcissisme est enregistré par nos instruments cybernétiques
et il est reproduit avec cette mémo qui nous permet de l'analyser comme
on le fait et puis a bien d'autres usages, on voit que lorsque nous
parlions, nous étudions les dessous si on peut dire de la drogue et
comment c'était un objet donc qui devenait un instrument, mais on voit
que le vernis lui-même, l'exposition narcissique, l'exposé narcissique
et l'enregistrement du discours scientifique, c'est-à-dire les médias,
c'est-à-dire la cybernétique, ensuite on y arrivera, c'est-à-dire
l'appareil, c'est lui-même l'instrument d'observation.
C'est non seulement la chimie
mais l'alchimie médiatique si on peut dire, et au point que, et c'est là
la fin de la plie, que l'appareil est la vérité. Alors après, d'abord
la vérité n'est pas forcément scientifique, c'est bien au-delà de la
science, et que deuxièmement je fais une distinction entre le semblant et
l'appareil, ça on a, ça j'en ai, enfin on en parlerait, on va pas entrer
dans tous ces détails à présent, mais c'est ce qui permet de dire que
les machines pensent par exemple, et donc voilà.
Alors je fais une pause là, et
ensuite j'ai fait un petit résumé sur ce fameux narcissisme, sur cette
biologie, mais on va arrêter le partage, j'y reviendrai pour terminer, et
puis on peut peut-être discuter un petit peu puisque là on est en
avance. Moi j'ai terminé parement mon petit partage d'écran et mes
petites diapos comme on dit là.
Serge : Je
pensais sur ton dernier propos, donc qui rappelle le dernier étage dans
la progression à partir de, enfin qu'on a fait sur le langage qui permet
d'arriver au dernier étage, à l'étage réel, donc que tu attribues,
enfin dont tu dirais si j'ai bien compris que la machine est le reflet, on
peut formuler les choses comme ça ?
William : Non,
oui, oui, oui, oui, mais à la condition de l'analyse, parce que sur ton
dernier propos effectivement, c'est l'enregistrement et la médiatisation
de ce qui te permet, qui te permet à toi la réécoute attentive, le fait
de choper le petit truc, le petit lapsus, le petit machin à peine caché
dans un coin que personne ne voit et qui permet d'en tirer une substance
particulière.
Serge :
Absolument, donc c'est la machine avec l'analyse qu'on peut en faire.
William :
Absolument. Et d'ailleurs pour continuer à aller dans ce sens qui nous
la, brise le vent qui nous mène, qui nous guide, non seulement à la
condition de l'analyse mais à la condition de la sexualité, c'est-à-dire
qu'effectivement l'appareillage ne peut livrer, devenir cet éclairage de
la conscience que s'il procède dans la suite du déchiffrage de la
sexualité ou de la reconnaissance de la sexualité, c'est-à-dire de
l'analyse. Et là on est justement sur cette question du narcissisme et de
la raison sexuelle du narcissisme entre ces germinatif et somatique.
Je ne sais pas si dans ce débat,
je l'ai évidemment tout à fait en mémoire, tout ce qui, mais évidemment
il parle de la sexualité. Miller est toujours extraordinaire à un
moment, si je me souviens bien, je dis plus exactement quels sont les
mots, mais on va dire qu'il reconnaît que Freud n'a pas eu une vie
sexuelle très spectaculaire, et on peut dire, on peut espérer qu'il en a
eu tout de même. Qu'est-ce qu'il veut espérer de quoi que ce soit pour
à la place d'un autre ?
Mais donc ces deux hommes parlent
de la sexualité, ensuite Onfray qui a ce talent de la juvénilité donc
va parler de la, et ils vont se présenter leurs excuses et faire des échanges
de politesse au sujet de la masturbation. Et donc effectivement dans cet
enregistrement, dans ce matériel clinique, il y a des propos, la sexualité
est souvent mentionnée. Je ne j'ai pas relevé de choses particulières,
évidemment si il y a un truc, mais je me suis pas accroché comme ça,
comme sans si on peut dire.
Mais à un moment quand il s'agit
du rapport sexuel, et là Miller est excellent, là Miller fait du catéchisme,
il explique bien le lacanisme en expliquant que Lacan dit que c'est, c'est
pas, il y a pas une complétude de la sexualité humaine n'est pas faite
par une complétude mais par une liberté que chacun prend sur les, sur
justement ce modèle offert par la nature, et dit : mais cette liberté
c'est qu'il y a pas de rapport.
Ce en quoi là il est sans doute,
ça vise puisque le grand champion, le grand prêtre de la liberté c'est
quand même Sade, enfin si on va le rechercher au moment de la Révolution
française et qui parle de la liberté, bon c'est ce député, ce de la
section des piques qui était le marquis de Sade révolutionnaire et théoricien
principal de la liberté. Et mais à ce point-là évidemment il y a pas
tellement de rapport dans le sadisme, c'est une, c'est, et le lacanisme
n'en est pas, n'a pas été plus loin.
Donc à ce moment-là, je me
souviens plus, ce il y a, et Miller à ce moment fait un petit
bafouillage, ben je le mettrai dans les notes, je le retrouverai, qui est
aussi un petit peu succulent, enfin il fait, il dit un petit truc comme ça
qui peut pas s'empêcher de lâcher à la fin de sa, de son propos.
Donc la sexualité dans l'ère de
l'appareillage. Alors on va, je reviens, je termine avec ces, le partage
d'écran et ce que je présente.
Alors là c'est tiré, c'est tiré
donc de ce du texte "Pour introduire le narcissisme", c'est-à-dire
aussi donc, voici en gros, c'est très résumé : nous avons deux types de
feuillet, le soma qui fait l'embryon si on peut dire, et à l'intérieur
il y a soit des ovaires soit des testicules qui seront à l'extérieur,
vont sortir par un orifice ici, mais enfin donc il y a la distinction.
C'est le, alors Freud appelle ça,
ceci va organiser les pulsions du moi, il y a une tension, une différence,
pulsion du moi ou ce qu'il appelle l'autoérotisme des, bon c'est très
flou dans son texte, c'est une approximation, il cherche, il commence à dégager
ça, mais en tout cas ce qui est net c'est qu'il positionne ce corps
originaire et donc est auto-érotique si on peut dire, il le positionne
vis-à-vis de ce qui s'appelle l'idéal du moi.
Et c'est là où à partir du
moment où cet embryon va venir au monde, il va trouver un, son premier
objet sexuel qui, qui selon Freud, c'est-à-dire c'est la femme, c'est-à-dire
c'est la personne en fait qui s'occupe de lui, généralement une femme et
généralement sa mère donc. Et ça va, et donc il va pouvoir déplacer
ces, décharger ses ou déplacer son, sa libido, s'appelle pas encore sa
libido mais elle va ici décharger de pulsion le corps ou imaginer donc
charger de pulsion le corps de son vis-à-vis, parce que maintenant il
est, il est, c'est un être humain qui est sorti de l'utérus qui et qui
maintenant, et il va ainsi créer son idéal du moi.
Alors pourquoi est-ce que j'ai précisé
corps sans organes ? C'était un abus de lecture si on peut dire là,
c'est parce que j'ai trop lu la psychanalyse après Freud où ce qui même
a dépassé la psychanalyse, c'est que le corps sans organes c'est la thèse
ultra-lacanienne de ceux qui ont débordé et après la fin du lacanisme
si on peut dire, c'est Deleuze et Guattari.
Guattari qui était un psychiatre
et psychanalyste et analysant de Lacan qui s'en est détaché, a créé le
concept de corps sans organes et qui était parent de, le concept était
parent de celui de machine désirante, et c'est-à-dire que cette notion
de corps sans organes, cette notion d'idée du moi se rattache après le
lacanisme, se rattachera à la cybernétique, c'est-à-dire aux machines désirantes,
aux machines pensantes.
Bon, mais là on est après le
lacanisme si on peut dire, mais nous avons donc cette constitution
principale donc qui est si on peut dire par ces quelques schémas les
bases de raisonnement de du circuit narcissique dans la pulsion ou dans la
relation humaine.
Une partie, cette pulsion, cette
pulsion narcissique ou cette pulsion du moi devenant libido à partir du
moment où il peut s'inscrire dans l'idéal du moi qui correspond au
demeurant à un tout à la possibilité de refouler, et puis alors là on
va pas rentrer dans toute la théorie, tout le détail, c'est assez précis.
Serge : Ouais,
et avec en prenant en compte tout ton apport théorique, cette étape des
machines désirantes et des corps sans organes quelque part qui est qui a
été justement jusqu'à tes apports qui a été quelque part le dernier
élément de clôture ou d'enterrement on va dire de la psychanalyse, et
qui donc justement trouverait l'opportunité d'une espèce de renaissance
à partir ou grâce à la présence de la machine.
William : Oui,
absolument. Moi je voudrais, oui, vite...
Sylvie : Oui, je
voulais rebondir sur la réflexion qu'a faite Serge parce que je me suis
fait la même. Donc Freud, la cocaïne, le, quand, point d'interrogation,
qu'est-ce qu'il y avait comme, voilà, qu'est-ce qu'il pouvait utiliser
comme instrument, enfin comme de la même manière que Lacan utilisait
donc la cocaïne. Et je me posais la question du vernis parce qu'en fait
Lacan quelque part il a, j'ai l'impression que le vernis c'est comme un
symptôme en fait.
Par exemple il a caché l'origine
du monde, par exemple on se posait la question sur la 2e génération donc
Scandal en Bohème, seconde génération, à un moment donné c'est comme
s'il voulait freiner en fait sa théorie et ne pas aller au-delà parce
que les gens ne le suivaient pas. Est-ce que ça pourrait être comme un
symptôme en fait ? Est-ce qu'un symptôme de cette manière psychiatrique
entre guillemets pourrait être la même chose qui modifie la perception
du coup ?
C'est, enfin voilà, c'est une
question que je me pose. Est-ce que ce symptôme pourrait être quelque
chose qui modifie sa perception et du coup il, enfin il rentre dans la
science ? Enfin je sais pas, c'est une hypothèse. Je sais pas, mais je me
posais cette question là. Pour moi le vernis quelque part, enfin je
trouve que quand il y a quelque chose du vernis, parce qu'il cache, voilà,
et est-ce que c'est, voilà, est-ce que ça pourrait être comme Freud a
utilisé la cocaïne, est-ce qu'on pourrait dire ben Lacan a utilisé moi,
enfin je le, comme un symptôme en fait, parce que bah c'est caché une
certaine réalité ? Voilà, c'est la réflexion que je me suis...
Serge : Tu veux
dire, Sylvie, comme s'il y avait comme s'il y avait eu une intentionnalité
chez lui par rapport à certaines conclusions sur lesquelles il est arrivé,
en particulier la femme n'existait pas, il n'y a pas de rapport et cetera
? Voilà, on s'était déjà posé cette question là, cette réflexion là
par rapport à est-ce qu'il a ignoré la 2e génération, ouais Scandal
en...
Sylvie : Ouais,
voilà, est-ce qu'il a ignoré, est-ce qu'il le connaissait, enfin voilà,
caché, ignoré.
William : Oui,
oui, tout à fait, exactement. C'est, enfin c'est voilà, c'est juste une
réflexion. C'est certainement en terme de symptômes qu'il faut qu'on,
que nous avancions tous sur nos, enfin sur nos analyses, bien sûr. C'est
à travers le symptôme, lui va même l'appeler le symptôme le, et Miller
le précise aussi, il fait bien de le dire, c'est bien le, il appelle ça
l'idéal du moi, parfait, c'est le symptôme si on peut dire, enfin.
Et alors une anecdote, enfin ou
des éléments que j'ai en main et qui peuvent peut-être certainement être...
Il y a pas de clés. Je ne vais pas là vous donner une clé de quoi que
ce soit, c'est pas une interprétation, ce sont, c'est un étalage des pièces
que j'ai.
D'abord des pièces que tout le
monde connaît, c'est que Lacan avait un frère aussi célèbre que lui
dans son propre milieu, c'est-à-dire parmi les religieux, donc il était
très proche de la religion, il connaissait très bien ce monde. Donc on
peut dire qu'effectivement, peut-être est-ce qu'il était comme Tycho
Brahe, il était passéiste, il était resté philosophe et théologien
plutôt que psychanalyste.
Et alors à ce propos, dans les,
alors là on est plus, on se rapproche de l'anecdote, c'est-à-dire du
petit détail qui met en relief ou qui montre des aspérités du symptôme.
À ce propos donc, j'ai bien connu Piera Aulagnier qui était une de ses
analysantes et que j'ai publié, dont j'ai publié le livre qui
s'appelait, c'était un livre un peu prophétique mais parlait pas
tellement de cybernétique, il s'appelait "Matrix" avant le film
et avant donc.
Et donc Matrix c'était
M-A-T-R-I-X, elle voulait, elle avait d'abord écrit avec un X "Matrix"
et puis elle disait : on va appeler ça "Matrics" comme
inconscient. Et Piera Aulagnier donc était aussi très proche de la
religion, elle était, c'était une dévote du Padre Pio, et puis elle
avait été, à la demande ou la suggestion ou à l'invitation de Lacan,
elle était devenue psychanalyste en Tunisie. Elle a été la première
femme psychanalyste de Tunisie.
Et dernièrement les Tunisiens,
les universités, les psychanalystes de Tunis m'ont demandé si je pouvais
contribuer au mémoire de Piera Aulagnier dans le pays. Alors je leur ai
dit ce que j'en savais par, que j'avais eu une grande correspondance avec
elle, j'ai publié ce livre, elle se connaissait, et ben ils ont pas
tellement voulu en savoir plus du type : on ne va pas parler de la cocaïne
de Freud et on ne va pas parler des gifles que Lacan distribuait à Piera
Aulagnier.
Et donc mais elle, cette femme
donc était aussi en contact avec le frère de Lacan, elle avait une
correspondance et la correspondance c'était assez amusant, sympathique,
enfin de, mais était au sujet justement de : ah mais mon frère dit la
femme n'existe pas et moi avec la Vierge Marie je vous affirme qu'elle
existe, enfin il y avait un débat là-dessus.
Et c'était effectivement sur la
question de la femme n'existait pas que Piera m'avait transmis des
correspondances avec ce frère. Donc on voit bien que c'était, ça
faisait écho dans les, au-delà du cercle psychanalytique, mais aussi les
théologiens ont été interpellés par ça.
Dominique :
Ouais, ouais, parce que depuis un petit moment là je me dis, est-ce que
ça veut dire d'après ce que j'ai entendu que la psychanalyse pour
qu'elle soit vraiment efficace, qu'elle aboutisse, est-ce qu'il faut
passer, ben soit par les drogues, les enthéogènes et cetera, ou par la
machine ?
William : Moi je
crois que maintenant c'est la machine. Je crois que c'est pour ça que
j'ai écrit la synthétique et ça.
Ou et puis est-ce que je relève
là, parce que c'est par rapport aux drogues là justement, oui, c'est là,
ça fait deux-trois fois qu'on fait les liens. Bon, tu fais les liens de
Lacan avec son frère qui était très religieux, cette, j'ai déjà oublié
le nom, je suis affreux, on a parlé des drogues, des drogues enthéogènes
tu veux dire, bien sûr, enfin bon toutes celles dont on peut parler, mais
bon de toute façon on en revient à la conscience, au cerveau aussi, et
pas seulement la biologie d'ailleurs, mais...
Oui, là c'est Aulagnier, ou je
me souviens plus le nom...
William :
Aulagnier, oui, Aulagnier, oui, Aulagnier, avec le côté religieux derrière,
et bon j'entends opium du peuple.
Donc c'est, bon on verra, alors
ben on verra la prochaine fois justement on sera sur cette question : quel
est le rôle de la drogue dans la religion et dans les Jeux Olympiques
aussi, parce qu'il paraît que c'est très surveillé d'avoir, je,
Olympiques. Et puis donc on parlera de tout ça, et puis pour conclure,
bah moi aussi ça me sort de la tête, mais enfin on a, je crois qu'on a
bien, on a bien parlé, travaillé, donc si on en reste à la cérémonie
d'ouverture, manifestement il y en a qui fument.
Bon, alors on va, je me souviens
plus ce que je voulais dire, tant pis pour nous, tant pis pour moi. À
bientôt, on coupe en tout cas là, et peut-être que ça, ça, j'arrête
en tout cas l'enregistrement. |